L’utilisation du PRP capillaire consiste à injecter dans le cuir chevelu un concentré issu du propre sang du patient. Utilisé d’abord pour ralentir une chute de cheveux, il l’est aussi de plus en plus autour d’une greffe, pour soutenir la repousse. Voici ce que l’on sait de son fonctionnement, de ses indications et de ses limites.
Comment fonctionne le PRP capillaire ?
Après une prise de sang, le prélèvement est centrifugé afin de concentrer les plaquettes (d’où le nom de PRP pour ou plasma riche en plaquettes), riches en facteurs de croissance. Le plasma obtenu est ensuite injecté par micro-injections dans les zones concernées. Comme il provient du patient, le risque d’allergie ou de rejet est très faible.
Les mécanismes exacts restent débattus. Les facteurs de croissance stimuleraient les cellules du follicule, prolongeraient la phase de pousse du cheveu et amélioreraient la vascularisation locale. Le PRP agit donc sur des follicules affaiblis mais vivants, et non sur des zones totalement dégarnies depuis longtemps.
PRP en traitement préventif : pour qui ?
Les études portent surtout sur l’alopécie androgénétique débutante à modérée, ainsi que sur certaines chutes diffuses. L’intérêt est d’intervenir tôt, tant que les follicules sont encore miniaturisés et non détruits. Une publication relève d’ailleurs une réponse plus marquée chez les patients dont la chute date de moins de cinq à six ans.
En général, le protocole d’injection de PRP capillaire comprend trois à quatre séances espacées d’environ un mois, puis des rappels une à deux fois par an. Cet entretien compte : l’effet a tendance à s’atténuer en l’absence de nouvelles injections.
Côté résultats, une revue de 14 publications rapporte, dans la majorité des études, un gain de densité de l’ordre de 12 à 46 cheveux par cm² et une chute réduite. Une synthèse de 2025 portant sur 43 essais randomisés va dans le même sens. Ces données restent hétérogènes : les protocoles diffèrent d’une étude à l’autre et certains essais n’ont montré aucun bénéfice. Le PRP est donc une option prometteuse, pas une garantie.
PRP et greffe de cheveux : un traitement d’accompagnement
Une greffe déplace des cheveux, mais n’arrête pas l’évolution de l’alopécie. Les cheveux natifs voisins de la zone greffée peuvent continuer à s’affaiblir, et les greffons subissent un stress au moment du prélèvement et de l’implantation. Le PRP est utilisé pour limiter ces deux difficultés.
- Autour de l’intervention : le plasma peut être appliqué sur la zone receveuse ou servir à conserver les greffons, dans l’objectif de favoriser leur reprise.
- Dans les mois suivants : des séances de rappel, généralement à partir du troisième mois, visent à soutenir la repousse et à protéger les cheveux non greffés.
Les preuves sont ici moins solides que pour l’alopécie androgénétique non opérée, les études étant plus rares et plus petites. Le bénéfice sur la prise des greffons reste à confirmer, et le PRP ne remplace en aucun cas un traitement de fond lorsqu’il est indiqué.
Les effets secondaires et contre-indications liés au PRP capillaire
Les effets indésirables sont le plus souvent légers et passagers : rougeurs, sensibilité aux points d’injection, petit gonflement ou hématomes sur un à deux jours. Le risque d’infection, rare, existe comme pour tout geste injectable.
Le PRP est déconseillé en cas de déficit en plaquettes, de troubles de la coagulation ou de traitement anticoagulant, d’infection active du cuir chevelu, de maladie du sang, de maladie auto-immune active ou de cancer en cours de traitement. Un avis médical préalable est indispensable.
Remboursement du PRP en France ?
Le PRP capillaire n’est pas remboursé par l’Assurance maladie. Son coût varie selon le praticien et le nombre de séances. L’Ordre des médecins a par ailleurs rappelé en 2025 que les injections de PRP à visée purement esthétique sont interdites en France : seule une indication médicale justifie l’acte, ce qui impose de s’adresser à un médecin.
À retenir sur le PRP capillaire
Le PRP capillaire peut aider à freiner une chute débutante ou à soutenir les cheveux après une greffe, à condition d’être réalisé tôt, avec un protocole rigoureux et un suivi régulier. Les résultats varient d’une personne à l’autre. Un diagnostic préalable reste la première étape pour choisir la bonne stratégie.


